Du côté des organisations syndicales, la CFDT et sa Fédération générale de l'agroalimentaire (FGA) ont manifesté «leur opposition à toute prise de contrôle de Danone, dont elles redoutent les conséquences économiques et sociales, en particulier en matière d'emploi».
Pour l'instant, ce n'est toujours qu'une rumeur, mais elle fait grand bruit. L'intention prêtée à PepsiCo de partir à l'assaut de Danone a créé hier une effervescence rarement atteinte autour d'un groupe industriel, qui s'est rapidement déplacée du terrain purement boursier à celui de la politique.
Dès le début de la matinée, l'action Danone s'est mise à flamber en Bourse, où elle a finalement gagné 10,19%, accréditant l'idée qu'une opération imminente se profilait sur le capital du champion français de l'agroalimentaire. Surtout, environ 12 millions de titres ont changé de main, ce qui représente près de 5% du capital. PepsiCo a simplement réaffirmé qu'il n'était pas entré dans le capital de Danone, sans vouloir toutefois détailler plus avant ses projets, soulignant qu'il n'est pas dans ses habitudes de commenter les rumeurs.
Ce mutisme n'a pas contribué – bien au contraire – à calmer le jeu. Après le député UMP Patrick Ollier, qui avait déclenché l'offensive anti-PepsiCo lundi soir (nos précédentes éditions), plusieurs responsables politiques et syndicaux sont à leur tour montés au créneau. A commencer par deux anciens ministres des Finances socialistes.
Laurent Fabius a demandé au chef de l'Etat et au gouvernement «d'agir en urgence» pour que Danone reste dans le giron «français et européen», considérant l'importance de cette entreprise comme «majeure pour notre économie et son rayonnement». Pour sa part, Dominique Strauss-Kahn a tenu «à mettre en garde les actionnaires de PepsiCo», qui «doivent savoir que leur entreprise ne peut tirer aucun bénéfice de cette OPA hostile, que les synergies attendues ne seront pas au rendez-vous et que les réactions les plus vives seraient à craindre si cette tentative devait être poursuivie».
Du côté des organisations syndicales, la CFDT et sa Fédération générale de l'agroalimentaire (FGA) ont manifesté «leur opposition à toute prise de contrôle de Danone, dont elles redoutent les conséquences économiques et sociales, en particulier en matière d'emploi». Le monde agricole n'était pas en reste: «Danone est un des fleurons de l'agroalimentaire français. Toute opération ne peut se faire contre le sentiment de ceux qui font la vie de Danone, dont les 6000 producteurs qui fournissent du lait à Danone en France», a affirmé le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer.
La seule note discordante, et non des moindres, est venue de Renaud Dutreil, pour qui «il ne faut pas surestimer la capacité de Danone à privilégier les intérêts nationaux». Loin de se rallier au consensus ambiant, le ministre des PME a affirmé que «Danone est un groupe international qui dans le passé a délocalisé des activités de production qui étaient sur le territoire français et qui donc, très clairement et depuis longtemps, s'est inscrit dans la mondialisation».
Quant au ministre de l'Economie, Thierry Breton, il s'est refusé à faire le moindre commentaire sur ce qu'il considère comme des rumeurs.
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Source : Le Figaro, 20/07/05


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